Participation au 61ᵉ colloque de l'Association de Science Régionale de Langue Française à Québec

Le projet INNOUGOUV interroge l'ancrage territorial des coopératives vitivinicoles françaises
et leur performance durable

Dans le cadre des activités de diffusion et de transfert des résultats du projet INNOGOUV, nous avons eu le plaisir de présenter un travail de recherche portant sur les coopératives vitivinicoles françaises lors du 61ᵉ colloque de l’Association de Science Régionale de Langue Française (ASRDLF), qui s’est tenu à l’Université Laval, à Québec, du 25 au 27 juin 2025. Placé sous le thème « Trajectoires de développement et imbrications des territoires », ce colloque a constitué un espace de dialogue interdisciplinaire autour des sciences régionales, croisant différentes perspectives pour dresser un état des lieux de la situation actuelle et réfléchir aux défis territoriaux de demain

Le travail présenté par Mohamed Makraz et Louis-Antoine Saïsset, en co-signature avec Yalé Koudou, Leïla Temri et Philippe MacClenahan, était intitulé « L'ancrage territorial des coopératives vitivinicoles en France et leur performance durable». Il s'inscrit au cœur des enjeux du projet INNOGOUV, qui étudie les liens entre gouvernance, innovation et durabilité dans le secteur coopératif vitivinicole.

Les coopératives agricoles sont intrinsèquement liées à leur territoire par leurs statuts juridiques. Les caves coopératives, qui représentent 40 % de la production vinicole française et regroupent 60 % des viticulteurs, illustrent tout particulièrement cet ancrage. Pourtant, le changement climatique, l'instabilité des marchés et la variabilité des capacités d'innovation menacent la pérennité de ce lien territorial et appellent des stratégies d'adaptation renouvelées.

La communication s'appuyait sur une enquête quantitative menée auprès de plus de 200 caves coopératives réparties dans l'ensemble des bassins de production français. Les premiers résultats révèlent plusieurs tendances notables. En matière de gouvernance, une faible représentation des femmes (17,2 % parmi les adhérents, 11,3 % dans les conseils d'administration) et des jeunes de moins de 40 ans (16 % parmi les adhérents, 19,5 % dans les conseils d'administration) est observée, tandis que plus d'un quart des caves ne disposent pas de directeur.

Concernant l'innovation variétale, près de la moitié des caves enquêtées (47 %) ont adopté de nouvelles variétés de vigne, principalement en réponse aux effets du changement climatique, bien que les superficies plantées demeurent encore limitées. Les principaux freins identifiés sont les cahiers des charges des appellations, l'acceptation des consommateurs ainsi que la disponibilité et le coût des plants.

En matière de durabilité, la moitié des caves ont développé une stratégie de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE), et près d'un quart produisent un rapport RSE dédié. Les certifications environnementales sont largement répandues, avec une nette prédominance du label Haute Valeur Environnementale (HVE), présent dans 87,5 % des caves enquêtées, suivi du label Bio (81 %), tandis que le label Terra Vitis reste moins courant (18 %).

Ces premiers résultats ouvrent la voie à une analyse approfondie des formes de gouvernance et des stratégies d'innovation, ainsi qu'à l'élaboration d'indicateurs pertinents pour mesurer la performance durable des coopératives vitivinicoles dans toutes ses dimensions. (https://hal.science/hal-05252283v1)

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